Ecothérapie – trois méditations d’automne

Le ciel s’assombrit, les oiseaux se font plus nombreux autour des mangeoires encore vides. Il fait encore nuit quand le réveil se met à hurler et mon épouse me demande de fermer la porte alors que je ne l’ai pas encore ouverte. Les ramoneurs sautent de toit en toit, j’ai abandonné les shorts et mon chien aboie sur le transpalette amenant les 2m3 de pellets au voisin. Il n’y a aucun doute, l’automne est arrivé.

Cette saison, où le temps se refroidit, où la lumière se fait de plus en plus rare, où les arbres changent de couleur, est une période propice aux déprimes.

Cependant, la nature nous offre encore beaucoup de possibilités d’émerveillement durant cette période annonciatrice de la fin d’un cycle. Les mousses perlées de l’averse récente se dévoilent plus facilement, les ruisseaux et les rivières chantent avec plus d’entrain, les arbres, se dénudant, dévoilent la magnificence de leur architecture encore inégalée qui nous invite, à chaque pas, à un voyage hypnotique lointain.

En automne, lorsque vous vous baladez en forêt, l’expérience est totalement différente qu’au coeur de l’été. Les couleurs sont différentes, les odeurs sont plus terreuses, l’ambiance est plus sombre, humide et fraiche.

La nature nous confronte, sans filtre, à une réalité qui est devenue difficile à concevoir dans notre culture : la fin des “beaux jours”.

Et pourtant, dans la nature, cela parait naturel, évident, sain. Après une période de production intense, la nature se prépare à se reposer jusqu’au printemps.

J’ai mon anniversaire en automne et pour moi il est naturel de faire le point sur mes réalisations passées, sur les feuilles dont je peux me délester, sur ce qu’il me faut pour passer l’hiver en toute tranquillité.

Je vous propose dans cet article trois méditations à pratiquer en automne. Les deux premières peuvent se pratiquer en intérieur comme en extérieur. Mais je ne peux que trop vous conseiller de les pratiquer dehors, sous votre arbre favori en cette période de l’année ou dans un lieu qui symbolise vos objectifs de méditation. Les consignes que je vais donner dans chacune des méditations seront adaptées à l’extérieur. Son adaptation en intérieur est assez simple : vous ne réalisez pas les interactions proposées avec la nature environnante.

Laisser-aller

Cette méditation est destinée à vous délester des ressentiments, des pensées, des personnes qui ont encombré votre vie cette année. Trouvez un endroit calme et peu fréquenté. Cela peut être au pied d’un arbre, au bord d’un ruisseau, sur une montagne ou au bord de mer. Le choix du lieu vous appartient. Gardez simplement en tête que votre expérience sera plus complète si celui-ci symbolise pour vous le laisser-aller.

Pendant quelques minutes, prenez le temps nécessaire pour harmoniser votre respiration au rythme du lieu.

Ressentez l’air remplir vos poumons à chaque inspiration et la détente accompagnant chaque expiration.

Lorsque vous sentez votre corps, votre respiration et votre environnement en harmonie, concentrez votre attention sur votre expérience intérieure et ces choses dont vous souhaitez vous délester pour terminer l’année plus légèrement.

À l’inspiration, pensez à ce que vous souhaitez incarner, à l’expiration pensez à ce dont vous souhaitez vous délester. Par exemple, j’inspire “je suis calme et solide”, j’expire “je relâche la colère et la rancoeur”… écoutez votre ressenti pour déterminer ce qui est pertinent à inspirer comme à expirer. Les thèmes peuvent changer d’une méditation à l’autre voire au cours de la méditation, ce n’est pas un souci. Laissez votre ressenti parler.

Faites cela durant 10 cycles respiratoires ou plus.

Récolter les ressources

L’automne est également la période des dernières récoltes avant l’hiver. Et vous, qu’allez-vous récolter et conserver pour vous aider durant la période froide qui s’annonce ?

Pour cette méditation, il vous faut un peu de matériel : une feuille de papier et de quoi écrire, ainsi qu’un support si vous êtes en extérieur.

Prenez une position assise confortable et laissez votre esprit s’engager sur la voie de vos ressources personnelles et des belles petites choses qui peuplent votre vie.

Tout en restant immobile, laissez venir vos sensations en écho à ces choses positives. Restez ainsi pendant quelques minutes, en explorant à votre rythme vos ressources et vos ressentis.

Lorsque vous pensez avoir fait un bon petit bout de chemin sur cette voie ou que votre ressenti vous indique que c’est suffisant pour aujourd’hui, ouvrez les yeux, prenez votre matériel d’écriture, tracez un cercle sur toute la feuille et écrivez à l’intérieur vos ressources, ce sur quoi vous pouvez vous appuyer en cas de coup dur, qu’il s’agisse des qualités personnelles, des lieux ou d’autres personnes. Vous pouvez joindre des dessins, des images, ou quoi que ce soit qui vous permettra de vous rappeler ce sur quoi vous pouvez compter.

Laissez le résultat de votre méditation en évidence dans votre habitat, afin de l’avoir sous les yeux en cas de besoin.

Marche méditative

Cette méditation est bien plus efficace en extérieur, dans un endroit que vous aimez, dans la nature.

Avant de commencer votre marche, prenez un temps pour vous relier à votre respiration. Inspirez et expirez lentement en observant les sensations que provoquent vos mouvements respiratoires dans votre corps.

Lorsque vous vous sentez un peu apaisé, commencez à marcher, tranquillement, au rythme de votre respiration. Un rythme que j’utilise souvent est deux pas sur une inspiration et deux pas sur une expiration.

La marche est lente. Vous pouvez remarquer de nombreux détails dans la nature. Sa présence est plus nette. Le sentiment d’immersion est palpable.

Pendant que vous marchez, restez concentré sur votre respiration et sur la sensation de votre corps qui se déplace dans l’espace. Remarquez la sensation de l’air sur votre peau, ainsi que les sons et les odeurs qui vous entourent. Déplacez-vous aussi lentement que vous le souhaitez, tout en maintenant votre respiration connectée au rythme de votre marche. Laissez votre intuition vous dire quand il est temps de vous arrêter.

Prenez un temps pour vous stabiliser.

Sur une inspiration, levez les mains au-dessus de votre tête. Sur une expiration, ramenez vos mains en position de prière au niveau du sternum (ou en posant la main droite au niveau de votre coeur si cette position associée au “religieux” génère de l’inconfort pour vous), en cultivant les sentiments de sérénité et de paix, et en vous en remettant, pendant cette courte période de recueillement, aux éléments de la nature.

Pour conclure

Lorsque vous profitez de la nature pour vous faire du bien, remerciez-la en retour, par une intention de gratitude et/ou par un petit cadeau qu’elle pourra assimiler sans danger (une tomate bio, un fruit sec ramassé sur votre chemin…). Je l’avoue, c’est un peu animiste comme comportement, mais cela favorisera un lien plus étroit entre vous et la nature et renforcera les bénéfices des méditations pratiquées en son sein.

Finalement, si on suit le raisonnement de David Abram, la lecture elle-même est une expérience animiste. En voyant des petits traits sur l’écran, nous entendons une voix, des mots, une parole. Et cela nous parait évident. Allant de soi. Alors, pourquoi ne pas élargir, pendant un instant, cette expérience à ce qui nous entoure lorsque nous sommes en pleine nature ? Qu’avons-nous à y perdre ? Qu’allons-nous y gagner ?

Image par moritz320 de Pixabay

Pour en savoir un peu plus sur David Abram :

Et si avoir d’autres idées d’activités méditatives à réaliser dans la nature vous intéresse :

Egide Altenloh
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Céline
Céline
1 mois il y a

Je trouve ton texte magnifique Egide.
Notre mère nature nous offre toute sa beauté automnale!