Petit théorème de l’angoisse & corollaires

« (…) et l’Angoisse atroce, despotique,

 Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. »

 Au départ de ce vers, tiré de Spleen (LXXVIII) dans les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, nous faisons l’hypothèse que l’angoisse atteint, en effet, un maximum en un point précis de l’espace-temps. Comme les expressions familières de « poussée » ou « crise » l’attestent, le phénomène est variable au cours du temps et nous admettrons qu’il varie aussi selon l’emplacement. Coincé dans un ascenseur ou alongé dans un transat’ au bord de la piscine : notre ressenti n’est pas identique.

Si le théorème énonce que l’angoisse atteint une valeur maximale en un point à un instant donné, le corollaire livre, peut-être, des perspectives intéressantes :

« A tout autre point de l’espace, à un autre instant, la valeur de l’angoisse sera différente. »

Des esprits chagrins objecteront que la nouvelle valeur peut être supérieure ou égale à la précédente et ce risque – tout subjectif – existe. Toutefois la probabilité que l’angoisse soit moindre est de loin supérieure à la probabilité qu’elle augmente.

Exploitation du corollaire :

« Si je me déplace dans le temps et dans l’espace, mon niveau d’angoisse va varier. »

Corollaire du corollaire ou théorème de la conservation du niveau d’angoisse

« Si je choisis de ne pas me déplacer dans le temps et dans l’espace, mon angoisse restera présente et inchangée. »

Mettre ses baskets, faire le tour du bloc ou aller se promener au parc nous transporte ailleurs, dans un temps différent. En jargon psy, on parle de changement de perspective. Selon notre désir ou notre volonté d’être, chacun est libre d’essayer un changement – ou pas.

Pierre Somers
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Egide Altenloh
1 mois il y a

CQFD