« Je réponds oui, mon corps retient le non » : que faisons-nous du corps en psychothérapie ?
Dimanche, 18 h 03.
Marion voit apparaître un message de sa responsable sur son téléphone :
« Il faudrait que nous parlions demain. »
Aucune précision. Rien sur le motif de l’entretien. Pas même l’un de ces petits émojis souriants dont la fonction principale consiste parfois à nous inquiéter davantage.
Marion ressent immédiatement une brûlure sous le sternum. Elle répond qu’elle sera disponible dès le lendemain matin, puis ouvre son ordinateur pour vérifier les dossiers en cours. Elle travaille presque deux heures. La douleur augmente. La nuit sera mauvaise.
Lorsqu’elle me raconte la scène, quelques jours plus tard, elle possède déjà une explication bien bordée :
— C’est mon anxiété. J’ai toujours peur d’avoir fait une erreur. Je sais que c’est irrationnel.
La formulation est claire, cohérente et psychologiquement correcte. Elle ne nous apprend pourtant presque rien sur ce qui s’est réellement passé.
Marion connaît bien le vocabulaire de la psychologie. Elle peut parler de son perfectionnisme, de son besoin de contrôle et de son sentiment d’insécurité. Dès que je l’interroge sur son expérience immédiate, elle répond : « C’est du stress. » Le mot fonctionne comme un dossier bien classé. Nous savons où ranger l’événement. Nous n’avons plus besoin de l’examiner.
Je lui propose de reprendre la scène plus lentement.
— Vous voyez le nom de votre responsable apparaître. Que remarquez-vous en premier ?
— Que voulez-vous dire ?
— Une sensation, une image, une impulsion… quelque chose qui se produit avant votre explication.
Elle réfléchit, puis hausse les épaules.
— J’ai mal au ventre. Je vous l’ai dit.
Un classique. Vous tentez d’ouvrir l’expérience et le patient vous rappelle, avec une certaine logique, qu’il vient précisément de répondre à votre question.
Je lui demande où se situe la douleur. Marion pose la main juste sous le sternum. Ses épaules remontent légèrement. Elle cherche le mot juste, s’agace, puis finit par dire :
— C’est chaud. Compact. Comme si cela poussait vers le haut.
— Et si ce mouvement pouvait se poursuivre ?
— Je ne sais pas.
Quelques secondes passent. Sa main reste immobile sous le sternum. Elle ouvre légèrement la bouche, puis la referme.
— Cela dirait peut-être : « Pas maintenant. »
La phrase surprend Marion presque autant que moi.
Son message disait oui. Son corps, lui, semblait encore occupé à retenir quelque chose qui ressemblait à un non.
Un article théorique et un pari séduisant
Cette séance m’est revenue à l’esprit en lisant l’article d’Elena Markova et Gabriel Enache consacré aux symptômes somatiques, à la simulation incarnée et à la symbolisation en psychanalyse (Markova & Enache, 2026).
Disons-le d’emblée : cet article ne prouve rien.
Il s’agit d’une publication de type Hypothesis and Theory. Les auteurs ne présentent aucun groupe de patients, aucune mesure, aucune comparaison et aucun protocole permettant de tester leur modèle. Ils rapprochent la psychanalyse, la psychologie du développement, la linguistique, la cognition incarnée et certaines données neuroscientifiques pour construire une hypothèse générale. Un mélange hétéroclite digne d’une poubelle d’une crêperie bretonne au festival d’Avignon.
Nous sommes face à une proposition théorique ambitieuse donc.
En soi, c’est un jouet pour l’esprit.
Vous êtes joueur ? Alors jouons un peu.
Selon les auteurs, certaines expériences affectives ne parviennent pas à être suffisamment représentées, mentalisées et intégrées dans un récit personnel. L’expérience a bien eu lieu. Elle a laissé une trace sensorielle, tonique ou viscérale. Elle ne dispose toutefois pas encore d’une forme permettant d’être reconnue, partagée et pensée.
Le nourrisson rencontre d’abord le monde à travers des variations de température, de tension, de faim, de plaisir, de douleur et d’excitation. La personne qui prend soin de lui participe progressivement à l’organisation de ces états par sa voix, son visage, son rythme et ses gestes. L’expérience devient reconnaissable. Elle peut recevoir une image, une intention, puis un mot (Winnicott, 1975, 1990).
Lorsque ce processus échoue ou que l’excitation déborde régulièrement les capacités de l’enfant, certaines expériences resteraient enfermées dans une forme principalement corporelle. Les auteurs reprennent ici l’idée d’« engrammes corporels encapsulés » : des traces affectives insuffisamment reliées aux représentations psychiques (Leikert, 2021, cité dans Markova & Enache, 2026).
Le symptôme somatique pourrait alors exprimer ce qui n’a pas encore trouvé de forme symbolique.
Le scénario possède une force intuitive considérable. Une gorge se serre chaque fois qu’un patient parle de son père. Une douleur abdominale augmente lorsqu’une patiente accepte une demande qu’elle aurait voulu refuser. Une fatigue écrasante apparaît avant chaque réunion d’équipe. Le corps paraît parfois disposer d’informations auxquelles le récit n’a pas encore accès.
Cette intuition mérite notre attention. Le trajet qui relierait une défaillance précoce de symbolisation à un symptôme somatique précis reste cependant entièrement hypothétique. L’article ne permet ni de retracer ce parcours, ni d’exclure les nombreuses autres variables médicales, physiologiques, attentionnelles, comportementales et relationnelles susceptibles de participer au symptôme.
La théorie devient cliniquement intéressante à condition de rester une théorie et non un dictionnaire psychosomatique.
Le corps attend-il vraiment sa traduction ?
La phrase de Marion est séduisante :
« Mon corps retient le non. »
Nous pourrions y entendre l’apparition d’un affect jusque-là insuffisamment symbolisé. La tension abdominale recevrait progressivement une forme, un mouvement, puis une parole. Quelque chose qui s’exprimait dans le corps deviendrait enfin pensable.
L’histoire se tient. Peut-être même un peu trop bien.
Le risque apparaît lorsque nous imaginons le symptôme comme un message codé que le thérapeute devrait traduire. Une brûlure gastrique devient une colère rentrée. Une oppression thoracique révèle une angoisse. Une gorge serrée signale une parole interdite. Quelques séances supplémentaires et nous pourrions presque fournir le dictionnaire psychosomatique avec la facture.
Le corps de Marion ne contient probablement pas une phrase complète attendant patiemment son sous-titrage.
Sa brûlure épigastrique s’inscrit déjà dans une situation complexe. Un reflux et une dyspepsie fonctionnelle ont été diagnostiqués. Le repas, la fatigue, le niveau général d’activation, l’attention portée à la sensation et l’anticipation de la réunion participent à l’expérience.
Les modèles contemporains de l’interoception prédictive décrivent précisément cette interaction. Le système nerveux traite les signaux physiologiques tout en anticipant ce qu’ils signifient et ce qui risque de se produire ensuite (Paulus et al., 2019).
Marion ne reçoit donc pas passivement une information envoyée par son estomac. Son organisme tente déjà de comprendre la situation :
« Une responsable qui veut me parler un lundi matin a probablement repéré une erreur. »
Cette anticipation augmente son activation. Marion inspecte ses dossiers, prépare des justifications et répond immédiatement. Son inquiétude diminue pendant quelques minutes. Ce soulagement renforce la stratégie. Lors du prochain message ambigu, répondre vite et travailler davantage paraîtra encore plus nécessaire.
La sensation corporelle, l’interprétation et l’action se modifient mutuellement.
Dans ce contexte, la symbolisation ne déterre pas une vérité cachée. Elle construit une représentation plus différenciée de l’expérience. La narration permet d’organiser les événements passés et de préparer de nouvelles actions dans les situations futures (Bouizegarene et al., 2024).
Marion passe ainsi de :
« C’est du stress. »
à une séquence beaucoup plus précise :
« Je reçois un message ambigu. Mon ventre se contracte. Je suppose que j’ai commis une erreur. Je réponds immédiatement et je travaille pour faire diminuer l’incertitude. »
Cette formulation n’a rien de spectaculaire. Elle distingue pourtant plusieurs processus auparavant confondus : la situation, la sensation, l’anticipation, la tendance à l’action et les conséquences du comportement.
Le symptôme n’a livré aucun secret caché. Il est devenu simplement plus facile à observer.
Lorsque les mots parlent sans toucher l’expérience
Markova et Enache distinguent un langage lié à l’affect d’un langage qui s’en est progressivement détaché.
Le langage lié à l’affect reste connecté à ce qui se produit pendant que la personne parle. Le patient remarque une modification de sa respiration, une image, un mouvement, une envie de s’éloigner ou de se rapprocher :
« Je dis que cela ne me dérange pas, mais mes jambes se raidissent et j’ai envie de quitter la pièce. »
Le langage délié peut être beaucoup plus brillant. Le patient décrit son attachement anxieux, son schéma d’abandon et ses mécanismes défensifs avec une précision qui me ferait presque regretter de ne pas avoir préparé un slideshow pour la séance. Pendant ce temps, son regard évite le mien et son pied se rapproche discrètement de la porte.
Les auteurs parlent alors de pseudomentalisation : un discours cohérent sur les états mentaux qui permet parfois de maintenir l’expérience affective à distance (Bateman & Fonagy, 2004).
Ce concept demande cependant une certaine prudence. Il devient très facile de décider qu’un patient intellectualise dès qu’il ne ressent pas ce que nous nous attendions à lui voir ressentir. Un discours conceptuel peut protéger d’un débordement, préparer une compréhension future ou simplement correspondre à la manière dont cette personne apprend.
Le vocabulaire émotionnel ne constitue pas un détecteur de profondeur psychique.
Avec Marion, le passage par les qualités précises de la sensation ralentit momentanément son explication habituelle. « Chaud », « compact » et « pousser vers le haut » ne possèdent aucune valeur particulière en eux-mêmes. Ces mots deviennent utiles parce qu’ils permettent l’apparition d’un geste et d’une tendance à l’action.
Son corps esquisse le refus avant qu’elle puisse le formuler.
Les recherches de Jensen et ses collègues (2021) montrent d’ailleurs que la mentalisation peut prendre une forme explicitement corporelle. Un geste, une posture ou un déplacement peuvent représenter une expérience et la rendre partageable avant l’apparition d’une phrase complète.
Un patient écarte les mains pour montrer la distance dont il aurait besoin. Une patiente recule légèrement sa chaise en évoquant sa mère. Un autre redresse le dos en imaginant répondre à son employeur.
Ces gestes ne prouvent aucune interprétation. Ils constituent des propositions.
Je peux alors demander :
« Si ce mouvement se poursuivait, jusqu’où irait-il ? »
La question laisse une possibilité de variation. Elle évite de plaquer immédiatement une émotion ou une histoire sur le corps.
Mon corps vient d’entrer dans la séance
Pendant que Marion raconte calmement sa soirée du dimanche, je remarque une modification de ma propre posture.
Je me penche vers elle. Mon débit s’accélère. Plusieurs solutions me viennent à l’esprit et j’éprouve une envie inhabituelle de lui proposer immédiatement une stratégie. Plus elle minimise son inquiétude, plus je ressens l’urgence de faire quelque chose.
Markova et Enache décriraient probablement cette réaction comme une forme de contre-transfert incarné. La simulation incarnée désigne la mobilisation, chez l’observateur, de processus sensorimoteurs et affectifs partiellement similaires à ceux qu’il perçoit chez autrui (Gallese, 2007, 2009). L’intercorporéité élargit cette idée en décrivant la coordination continue des voix, des regards, des postures et des mouvements au cours d’une interaction (Fuchs, 2016).
La proposition est cliniquement passionnante. Elle devient même légèrement grisante. Je découvre soudain qu’à mi-chemin entre mon diaphragme et mon intestin se trouve un appareil de détection de l’inconscient d’autrui.
Vous voyez probablement le problème arrivé.
Mon corps réagit à Marion. Certes. Mais il réagit également à ma fatigue, à mon histoire, à la séance précédente, à la chaise, au café de trop et à mon désir de réussir cette intervention. Ma sensation fournit une donnée située, fragile et traversée par de nombreuses variables.
Elle mérite d’être examinée avec attention, mais ne mérite pas d’être crue sur parole.
Je formule alors une observation :
— Pendant que vous racontez cette situation de manière très calme, je remarque que je commence à parler plus vite et que j’ai envie de trouver une solution immédiatement.
Marion fronce les sourcils.
— Vous êtes en train de me dire que je vous stresse ?
Sa question me rappelle utilement qu’il m’arrive de manquer de clarté dans mes propos. Je précise :
— Je vous dis surtout ce qui se produit de mon côté. Je me demande si ce mouvement apparaît aussi avec d’autres personnes lorsque vous présentez une situation difficile.
Elle garde le silence.
— Mon compagnon me demande souvent de lui dire directement ce que je veux. Cela m’agace parce que j’ai l’impression de ne rien lui avoir demandé.
Une organisation relationnelle devient envisageable. Marion présente l’événement de manière très maîtrisée. L’autre perçoit certains indices corporels ou relationnels, ressent une tension et se met en mouvement. Il cherche, propose, insiste ou prend en charge. Marion se sent alors envahie par une réponse qu’elle n’a pas explicitement sollicitée.
Ma réaction participe à cette boucle sans être nécessairement une radiographie de son monde intérieur.
Cette distinction change ma manière d’intervenir. Je peux attribuer mon urgence à Marion et lui expliquer ce qu’elle ressent sans le savoir. Je peux aussi modifier ma propre participation : ralentir, laisser davantage de silence et observer ce qui devient possible lorsqu’aucun de nous ne se précipite vers une solution.
Mon corps entre dans la séance avec le reste de ma personne. En entier, avec toutes ses forces et ses faiblesses. Et je ne me souvient pas avoir reçu une exemption spéciale concernant les biais interprétatifs.
Ce que la phrase permet de faire
Je reviens avec Marion à la réponse qu’elle a envoyé à sa responsable :
« Bien sûr, je suis disponible demain matin. Je peux déjà vérifier les dossiers ce soir si nécessaire. »
Je lui propose ensuite une autre formulation :
« J’ai bien reçu votre message. Je suis disponible demain à 10 h pour en parler. »
Marion lit les deux réponses à voix haute.
La première lui procure un soulagement immédiat. Elle connaît cette manière d’agir. La disponibilité, l’anticipation et le travail supplémentaire réduisent rapidement l’incertitude.
La seconde augmente son inconfort.
— J’ai l’impression d’être sèche.
— Qu’est-ce que vous craignez qu’elle comprenne ?
— Que je ne suis pas impliquée. Ou que je refuse de l’aider.
Son ventre reste tendu. Aucun espace merveilleux ne s’ouvre soudainement dans sa poitrine. La séance résiste enfin un peu à notre belle théorie.
Nous observons toutefois une différence. Le premier message organise immédiatement la soumission à l’urgence. Le second laisse subsister l’incertitude tout en protégeant la soirée de Marion.
La phrase « mon corps retient le non » acquiert alors une fonction précise. Elle aide Marion à repérer le moment où son comportement verbal exprime une disponibilité que le reste de son expérience ne suit pas encore.
L’ACT permet d’interroger directement cette fonction du langage. Une formulation clinique vaut par les transformations qu’elle rend possibles dans la situation : remarquer plus tôt une tendance, prendre une distance par rapport à une interprétation, tolérer une sensation ou choisir une réponse différente (Hayes et al., 2011).
La beauté de la métaphore ne garantit rien.
« Mon corps retient le non » pourrait devenir une nouvelle vérité rigide. Marion finirait par surveiller chaque brûlure abdominale à la recherche d’une limite qu’elle aurait oublié de poser. L’attention au corps renforcerait alors sa vigilance et son inquiétude.
La même phrase peut aussi soutenir une discrimination plus fine :
- Dans quelles situations la sensation apparaît-elle ?
- Que vient-elle modifier dans l’attention ?
- Quelle action devient immédiatement plus probable ?
- Quel soulagement cette action procure-t-elle ?
- Que se passe-t-il lorsque Marion répond autrement ?
La séance débouche sur une proposition thérapeutique. Lors d’une demande non urgente, Marion attendra dix minutes avant de répondre. Elle observera les sensations, les interprétations qui apparaissent et les actions auxquelles son corps semble déjà se préparer.
Dix minutes. On est loin d’une révolution existentielle. « Cela devrait être jouable » me dit-je.
Ce délai suffira peut-être à découvrir que la douleur diminue lorsqu’elle pose une limite. Il révélera peut-être qu’elle augmente parce que l’incertitude devient plus difficile à tolérer. Nous apprendrons aussi que certaines brûlures suivent simplement un repas trop épicé ou une mauvaise nuit.
La clinique devra supporter l’ensemble de ces informations.
Lors de notre prochaine rencontre, je garderai donc une question en tête : la phrase construite ensemble aide-t-elle Marion à rencontrer différemment une demande, ou lui avons-nous simplement offert une explication plus élégante de son anxiété ?
C’est probablement à cet endroit que l’hypothèse de Markova et Enache devient un véritable instrument de travail : lorsqu’elle améliore la qualité de nos observations sans décider à l’avance de ce que le corps est censé nous raconter.
Références
Bateman, A., & Fonagy, P. (2004). Psychotherapy for borderline personality disorder: Mentalization-based treatment. Oxford University Press.
Bouizegarene, N., Ramstead, M. J. D., Constant, A., Friston, K. J., & Kirmayer, L. J. (2024). Narrative as active inference: An integrative account of cognitive and social functions in adaptation. Frontiers in Psychology, 15, 1345480.
Fuchs, T. (2016). Intercorporeality and interaffectivity. Phenomenology and Mind, 11, 194–209.
Gallese, V. (2007). Embodied simulation: From mirror neuron systems to interpersonal relations. Novartis Foundation Symposium, 278, 3–12.
Gallese, V. (2009). Mirror neurons, embodied simulation, and the neural basis of social identification. Psychoanalytic Dialogues, 19(5), 519–536.
Hayes, S. C., Villatte, M., Levin, M., & Hildebrandt, M. (2011). Open, aware, and active: Contextual approaches as an emerging trend in the behavioral and cognitive therapies. Annual Review of Clinical Psychology, 7, 141–168.
Jensen, T. W., Høgenhaug, S. S., Kjølbye, M., & Bloch, M. S. (2021). Mentalizing bodies: Explicit mentalizing without words in psychotherapy. Frontiers in Psychology, 12, 577702.
Markova, E., & Enache, G. (2026). Embodied simulation, body language, and symbolization: Understanding somatic symptoms in psychoanalysis. Frontiers in Psychology, 17, 1642418.
Paulus, M. P., Feinstein, J. S., & Khalsa, S. S. (2019). An active inference approach to interoceptive psychopathology. Annual Review of Clinical Psychology, 15, 97–122.
Winnicott, D. W. (1975). Through paediatrics to psycho-analysis. Basic Books.
Winnicott, D. W. (1990). The maturational processes and the facilitating environment. Routledge.
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