Ecothérapie – Connexion à la nature – Méthode Ego, Egi, Géo

La Nature, avec un grand « N », représente tout ce qui est autour de nous, vivant et non vivant. Que ce soit nos proches, les plantes, les animaux, les pierres, la terre, l’air ou encore le béton de nos habitations, tout ce joli petit monde fait partie de nous et nous faisons partie de lui. Nous pouvons trouver des traces de ce concept d’interreliance autant dans les traditions spirituelles de tous horizons qu’en psychologie plus contemporaine, notamment en la notion de Soi Etendu. Les frontières entre notre self, notre identité, les limites de notre corps et ce qui nous entoure sont pour le moins perméables.

En écopsychologie, la question de la reliance est un fondamental : nous sommes une partie d’un tout plus vaste qu’est notre monde, notre Terre. Joanna Macy, un pilier de l’écopsychologie, propose même une méthodologie pour approfondir notre connexion à la Terre, et surtout, comme c’est souvent le cas dans cette polyphonie de la psychologie, de pousser les gens à agir, à militer, à changer le monde pour un avenir, s’il est encore possible, plus en harmonie avec tout ce qui nous entoure. Bien que cette dernière étape soit louable, je m’interroge sur la légitimité d’un psychologue d’intervenir en ce sens avec ses patients, surtout si ceux-ci ne viennent pas pour ça. Le militantisme ne fait pas partie de nos attributions professionnelles, à tout le moins dans nos échanges thérapeutiques avec nos patients.

Quoi qu’il en soit, se relier au Vivant, à la Nature, aux autres, humains et non humains, est une activité très bénéfique, à plus d’un titre. Selon moi, pour arriver élargir les limites de notre Ego, il existe plusieurs chemins, dont celui proposé par Joanna Macy (le Travail Qui Relie). Celui que je vous propose est quelque peu différent et je l’ai appelé la Méthode Ego, Egi, Géo.

Votre Ego est votre identité individuelle, la source de vos fiertés, de vos hontes, de vos colères, de vos souffrances. L’Ego est aussi le lieu de ce qui compte pour vous, vos valeurs, vos besoins, vos aspirations. C’est également la source de l’individualité, du « pousse toi de là que je m’y mette ».

Votre Egi est le réseau systémique humain dans lequel vous vous inscrivez. Egi est le pluriel d’Ego, vous êtes les autres et les autres sont vous. Vous êtes conscient de l’interdépendance et vos comportements sont orientés vers la communauté. C’est le lieu de la communion, de l’unité, de la relation.

Géo, une anagramme d’Ego signifiant « La Terre » en grec, est la relation interdépendante, organique, qui vous unit à tout le vivant et non vivant de la planète.

En ces temps troublés, on ne s’est jamais aussi senti isolé, seul, désolidarisé de la toile de nos relations.

Je vous propose ici ma méthode de connexion à la Nature, pour passer de l’Ego au Géo.

Faites-en bon usage.

Ci-dessous, vous trouverez ma méthode complète, dans sa version « immersion dans la nature », mais il est aussi possible de la réaliser en intérieur, dans le confort de son appartement. Il est parfois utile de la séquencer en plusieurs étapes, dont le travail de l’Ego, qui peut prendre un peu de temps, puis celui de l’Egi et enfin celui du Géo.

Préparation

Vous allez sortir dans une forêt ou un autre endroit naturel qui vous inspire le calme et la tranquillité, loin du brouhaha des activités humaines.

Équipez-vous adéquatement et en cohérence avec le temps. Pour ma part, j’ai toujours un poncho dans mon sac de randonnée à la journée, auquel j’ai ajouté quelques petits œillets, pour pouvoir le tendre comme une bâche et me protéger, autant du soleil que de la pluie, lorsque je m’installe parmi mes amis les arbres pour réaliser cette pratique de connexion.

Prévoyez de l’eau et un petit biscuit.

Prenez également un sac poubelle (une contenance de 10 L est suffisante pour une petite sortie), afin de ramasser quelques « oublis » humains sur votre passage.

Choisissez une destination et mettez-vous en route.

Départ

Lorsque vous êtes prêt à entrer dans le milieu naturel que vous avez choisi pour cette pratique, mentalement, saluez-le, avant d’entamer votre marche. Une petite phrase simple, sans salamalecs, comme « Bonjour, merci de m’accueillir aujourd’hui » est bien suffisante pour créer en vous cette conscience en une entité naturelle, vivante, qui vous accueille. Marchez doucement, lentement, en prenant soin de ne pas écraser trop d’insectes et de plantes sur votre passage.

Conscience respiratoire

Prenez conscience de votre rythme respiratoire et ralentissez-le à 5 ou 6 cycles par minute. Respirez tranquillement, consciemment.

Conscience du mouvement

Prenez conscience votre corps en train de marcher tranquillement, sans le contrôler, en le laissant faire. Remarquez les directions que prennent vos pieds, les mouvements du bassin, les rééquilibrages constants et l’adaptation permanente de votre corps au terrain que vous traversez. N’ayez en tête qu’une seule consigne : laissez votre corps marcher en harmonie avec le lieu.

Conscience sensorielle

À chaque pas, ouvrez vos sens à ce qui vous entoure : les sons, les odeurs, les couleurs, les sensations. Touchez les arbres, les feuilles, les rochers qui sont sur votre chemin, doucement, comme on touche un ami lorsqu’on passe à côté de lui.

Prenez conscience également que chaque caillou, chaque arbre, chaque plante, fait partie d’un tout plus vaste qu’est la Nature. Il est souvent plus facile d’ouvrir sa conscience à cette dimension intégrative de la Nature en milieu forestier, car la forêt est mentalement plus conscientisable, du fait de ses frontières délimitées par les orées.

Arrêt et Installation

Arrêtez-vous dans un lieu qui vous inspire la tranquillité et la sécurité. Pour ma part, c’est souvent au bord du chemin ou à quelques mètres dans les fourrés. Lorsqu’une souche ou une pierre attire mon attention.

Préparez l’espace pour pouvoir vous y installer tranquillement et y rester le temps qu’il vous plaira.

Installez-vous, fermez les yeux, respirez, revenez à la conscience de votre souffle, de votre corps et de vos sens, progressivement, tranquillement, sans urgence.

Ego 

Consacrez un moment à vous relier à vous-même, à vos failles, à vos faiblesses, à vos échecs, à vos forces, à vos valeurs, à vos réussites et à vos espoirs. Reliez-vous à tout ce qui fait de vous qui vous êtes. Vous dans toutes vos complexités.

Posez-vous la question suivante : « qui suis-je ? ».

Egi

Passez en revue les personnes importantes de votre vie, en vous concentrant sur la relation que vous entretenez avec elle. Que leur apportez-vous ? Que vous apportent-elles ? Mettez en évidence l’interdépendance qui vous lie à toutes les personnes significatives de votre chemin.

Posez-vous la question suivante : « qui sommes-nous ? ».

Géo

Laissez-vous bercer par vos sens, sans attendre quoi que ce soit, sans atteindre quoi que ce soit, en étant simplement relié à tout ce qui vous entoure, comme si tout cela était une partie de vous et que vous étiez une partie de ce tout, dans une simple et évidente harmonie de l’instant.

Posez-vous la question suivante : « que sommes-nous ? ».

Retour

Après un temps que vous jugerez satisfaisant, ou tout simplement lorsque votre corps décidera de se lever pour reprendre le chemin, prenez un temps pour évoquer la gratitude en vous, la gratitude pour cet instant de retour aux sources de la vie. Ne laissez rien derrière vous comme trace de votre passage. Et si vous croisez quelques détritus, débarrassez-en la nature en guise de remerciement pour cet instant de ressourcement.

Egide Altenloh
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